mercredi, avril 21 2021

Invasion

Tous les membres de l'ensemble des services de la défense s'étaient mis d'accord sur le fait qu'il fallait présumer que tout extraterrestre, du moment qu'il ne passait pas son temps à jouer dans la mer ou à divertir les gens, était un terroriste.

De Luke Rhinehart, je ne connaissais que la réputation de son roman le plus célèbre, L'homme-dé, sans ne jamais l'avoir lu.
Présenté comme un auteur anarchiste et libertarien, j'étais très curieuse de découvrir cet Invasion, le dernier livre qu'il ait écrit et qui a en plus la réputation d'être particulièrement drôle.

Partant d'un thème plus que classique de la science-fiction (une invasion extraterrestre, que c'est original !), Luke Rhinehart développe une farce burlesque féroce, laissant libre cours à ses idées politiques.
Car ici l'invasion est bienveillante. Les visiteurs étant présentés comme n'ayant que pour seule ambition de s'amuser, ils se serviront rapidement de l'arme (efficace) de l'humour pour mettre à mal la société américaine, et en révéler les failles et les abus.

Le moins que l'on puisse déduire de cette lecture, c'est que l'auteur avait beaucoup de choses à nous dire. beaucoup de thèses à développer, beaucoup de messages à faire passer. Certains passages sont très percutants tant les ressentiments face à la société américaine d'une part et à l'humanité en général d'autre part sont forts.
Cependant, l'auteur a oublié dans tout ça de rendre son histoire intéressante du début à la fin, et le livre souffre de nombreuses longueurs. On comprend en effet rapidement les griefs de Rhinehart et les thèses qu'il défend. Malgré mon assentiment, j'ai trouvé qu'il finissait par tourner un peu en rond, d'autant plus que j'ai ressenti une grande part de désillusion, ne proposant au final aucune solution aux problèmes soulevés.
J'ai d'ailleurs l'impression qu'il a fait son personnage principal, Bill Morton, un peu à son image : un homme usé, conscient des problèmes qui l'entourent, la rébellion chevillée au corps mais également fatigué.

Pour conclure, si le livre est en effet assez drôle et certains paragraphes vraiment brillants d'incisivité, il me laisse au final un sentiment plutôt doux-amer, et un peu d'insatisfaction.

Invasion 
Luke Rhinehart
Traduit par Francis Guévremont
Aux forges de Vulcain

mercredi, octobre 14 2020

Mortel

Mortel est un recueil de strips signé Marc Dubuisson au scénario et Thierry Martin au dessin, mettant en scène la Mort (avec son habit noir, sa capuche et sa faux) dans l'exercice de son travail. Apparaissant quelques instants avant le décès d'individus souvent fâchés de la voir, elle s'acquitte de sa tâche avec conviction et nonchalance.

Elle constitue donc le motif parfait pour enchaîner les gags à l'humour noir prégnant, au cynisme décomplexé et au sadisme jubilatoire, frappant sans vergogne toute une ribambelle de personnages ayant rarement d'échappatoire. Chaque planche est courte, nette, et la chute est souvent inattendue.

Tout au long de la centaine de pages du recueil, les auteurs parviennent à éviter les redondances et m'ont fait passer un bon moment de rigolade.

Je n'aurais cependant pas été contre une immersion plus profonde dans la noirceur. Si vous êtes comme moi, admiratrice des Idées noires de Franquin, il vous manquera peut-être un petit quelque chose.

Mortel
Marc Dubuisson & Thierry Martin
Delcourt - Pataquès

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