mercredi, septembre 14 2022

AlphaGo

Depuis le temps[1]... j'ai enfin regardé AlphaGo, ce documentaire qui revient sur l'histoire du programme d'intelligence artificielle développé par DeepMind (appartenant à Google), ayant disputé un duel contre l'un des meilleurs joueurs de Go du monde : Lee Sedol.
Si vous vous intéressez un peu au sujet, vous connaissez forcément l'histoire et son issue. Je la connaissais, et cela ne m'a pas empêchée d'être en tension la majorité du temps.
Dans ce documentaire, Greg Kohs parvient à raconter une croisade, à faire monter le suspens, retranscrire les enjeux, nous plonger au coeur de l'action, qui, si peu spectaculaire qu'elle puisse paraître, n'en est pas moins impressionnante.

En présentant les coulisses de l'affrontement, AlphaGo nous énonce tous les enjeux liés à ce type d'évènement, tant scientifiques que philosophiques, ce qui n'est pas négligeable quand on touche à l'intelligence artificielle. En mettant en avant l'équipe de DeepMind, il évite l'écueil qu'aurait été une trop grande personnification d'AlphaGo qui est et restera un programme informatique, aussi brillant soit-il. L'ensemble des protagonistes et la façon dont leurs propres motivations et doutes sont abordés fait d'ailleurs tout l'intérêt du film.

AlphaGo est un film passionnant, parfaitement accessible et très enrichissant ; au final, très humain.

AlphaGo
Greg Kohs 
2017

Note

[1] et maintenant qu'il est facilement trouvable...

mercredi, août 31 2022

Cell Worlds, mondes cellulaires

Cell Worlds est un documentaire aussi beau que fascinant, mêlant l'art et la science pendant 26 minutes que je n'ai pas du tout vues passer.
Renaud Pourpre et Terence Saulnier, deux scientifiques accoutumés à la vulgarisation, ont parfaitement réussi à rendre au monde cellulaire sa magnificence, secondés en cela par la très immersive musique de Youenn Lerb.
Cell Worlds est un instant de poésie suspendu, pendant lequel on est plongé dans l'extravagante diversité du monde cellulaire, représentée par les images de plus d'une vingtaine de laboratoires différents. Des images d'une beauté limpide, portées par une narration qui nous invite à un voyage introspectif à la rencontre de cet univers hors du commun. Véritable hommage à la recherche scientifique, c'est également un objet d'art subitement émouvant qui nous est proposé.
Mes vieux souvenirs de fac de biologie ont refait surface, il est impossible de rester de marbre face à l'étrange perfection qui se dégage du monde cellulaire. Je vous encourage donc ardemment à plonger !

Le documentaire est complété d'une exposition aux Bassins des lumières à Bordeaux, que je n'ai malheureusement pas eu l'occasion de voir.
Toutes les informations (et même plus !) sont à retrouver sur le site internet du projet : cell-worlds.com.

Cell Worlds, mondes cellulaires
Terence Saulnier et Renaud Pourpre
2022

mercredi, mai 18 2022

Myosotis



Très bonne surprise que ce court-métrage d'horreur français de Félix Dobaire (disponible sur la chaîne Youtube Alter).
Sans paroles ou presque, les images et la musique suffisent amplement à planter un décor familier mais à la limite de l'étrange.

Quel est ce lieu singulier dans lequel la production de légumes semble primordiale ?
Pourquoi la viande semble taboue ?
Pourquoi quand on y entend un bruit la nuit on descend avec un candélabre ?
Mais qu'est-ce qu'il a, ce jardin, à la fin ?

Curieuse histoire de crime et de vengeance, angoissante et fantastique, elle m'a fait osciller entre le sourire et le frisson, les scènes d'angoisse étant parfaitement réussies.
Le réalisateur exploite parfaitement la singularité du format court-métrage en ne s'appesantissant pas sur la mise en contexte, mais en distillant ses informations au fur et à mesure de la résolution de l'histoire.
Un véritable plaisir à voir !

Myosotis
Félix Dobaire
2021

mercredi, avril 6 2022

Mon grand garçon

Mon grand garçon est un court-métrage de Maximilien Gomes que j'ai découvert sur la plateforme Freaks On. Plateforme qui, si elle est dédiée au fantastique et à l'horreur, n'hésite pas à aller taquiner d'autres genres parmi les plus chelous...

Le court-métrage est un genre que j'affectionne particulièrement (comme j'aime les nouvelles en littérature) tant je loue la capacité des créateurs à installer un univers et à mener une idée à bien en peu de temps. Je trouve même qu'il se permet souvent des fantaisies plus extrêmes que le long.
Maximilien Gomes réussit par exemple en quelques plans, quelques secondes à peine, à nous plonger au cœur d'une atmosphère étrange et oppressante, et à nous convaincre qu'il y a quelque chose de bizarre dans l'air.

Le premier plan introduit Mathias, personnage principal du film, assez taciturne, occupé à regarder Fenêtre sur cour à la télévision, tandis qu'en parallèle celle qui apparaît clairement comme sa mère s'acharne à faire disparaître une tache dans la cuisine. On se rend alors compte que les rapports sont sacrément perturbés dans cette famille et l’enchaînement des événements fait rapidement craindre le pire.
Pourtant, et malgré le format, le réalisateur parvient à mener son intrigue sans la précipiter, mais trouve le rythme parfait pour nous présenter ce drôle de conte macabre.
Ce sont avant tout les choix esthétiques de ce film qui m'ont fait lever les sourcils d’intérêt. Tout, dans les plans, les décors, les costumes ou le son, est parfaitement choisi et permet de nourrir l'originalité du récit, et même si la direction d'acteur aurait mérité d'être un peu plus affirmée, le tout forme un ensemble particulièrement captivant.
Si la référence à Hitchcock est flagrante et assumée, Maximilien Gomes a tout de même su, par petites touches, s'extraire un peu des codes et c'est donc avec plaisir que je suivrai la suite de sa carrière.

Mon grand garçon
Maximilien Gomes
2020

mercredi, mars 23 2022

Murder Party

Je suis allée voir Murder Party, le long-métrage de Nicolas Pleskof, après avoir tellement apprécié son court-métrage Zoo (j'en ai parlé ici).

Une jeune architecte (étonnante Alice Pol) se rend dans le manoir de la très particulière famille Daguerre afin d'y présenter son projet de réhabilitation du lieu au patriarche (Eddy Mitchell, qu'il est toujours plaisant de retrouver). Débarquant en pleine murder party, elle est entraînée dans un drôle de jeu de piste quand ce dernier est retrouvé mort...

Murder Party est un film au rythme soutenu et à l'humour prégnant. Je l'ai trouvé certes, encore maladroit sur certains aspects mais tellement original sur d'autres : du ton léger au scénario à tiroirs, du parti pris esthétique (radical) au casting (formidable, même si les seconds rôles éclipsent malheureusement un peu les premiers). Son ton et sa couleur sont tout à fait en harmonie avec une intrigue rocambolesque, le scénario ayant été coécrit avec la romancière Elsa Marpeau

Il est atypique et distrayant, et même si j'aurais aimé un peu plus de profondeur, m'a donné envie de continuer à suivre les aventures de ce réalisateur.

Murder Party
Nicolas Pleskof
2022

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