Mot-clé - Jeunesse

Fil des billets - Fil des commentaires

mercredi, septembre 21 2022

Vango, T1 : Entre ciel et terre

Il avait beau vivre la plupart du temps dans les airs, ses pieds restaient enfoncés dans sa terre. Il avait peur pour son pays.
Une lente et tragique dérive.
Il fallait faire quelque chose. De petits gestes. Presque rien. Une petite résistance, un léger frottement, pour freiner la chute.
Il appelait cela la résistance de l'air.

J'ai lu Vango dans le cadre de mon challenge 12 mois, 12 livres, 12 (masto)potes, il m'a été recommandé par Monsieur B. que je remercie énormément.
Comme je l'ai déjà évoqué dans mon billet sur Le fil du destin, je n'ai pas vraiment l'habitude de lire de la littérature jeunesse, j'ai donc toujours un peu d'appréhension avant de me lancer.

Avec "Vango", Timothée de Fombelle a choisi cependant de s'éloigner du roman d'initiation pour embrasser tous les attraits du roman d'aventures : un héros attachant et mystérieux, beaucoup de secrets, de l'action, le tout avec une certaine légèreté. Plaçant tout de même son histoire au coeur de l'Europe des années 30 (une époque évidemment chargée en évènements tragiques qui sont un des points d'ancrage du récit), il parvient également à introduire des enjeux forts et une vraie tension dramatique autour du destin de son personnage principal.
Le jeune Vango lance ses aventures par sa fuite à Paris, alors qu'il allait se faire ordonner prêtre, accusé d'un crime qu'il n'a (évidemment pour l'intérêt de l'histoire) pas commis. Poursuivi par la police française mais également par des hommes mystérieux, il lui faut réussir à se sortir de ce mauvais pas en perçant le mystère de sa naissance (qui pourrait bien être la clé pour résoudre ses problèmes).

Pour être honnête, je n'ai pas trouvé le récit d'une folle originalité. Son intérêt réside plutôt dans le contexte historique dans lequel il est placé, ainsi que dans la parfaite maîtrise de l'auteur de ses personnages et du rythme de ses actions.
On ne s'ennuie pas en lisant Vango. On est transporté, on peut sans doute en apprendre plus sur cette époque, et l'auteur distille exactement la bonne dose de mystères et de résolutions pour garder intact l'envie de lire la suite.

S'il m'a encore une fois manqué ce qui fait que je m'investis complètement dans une lecture, je reste emballée par la qualité de ce roman jeunesse, assez exigeant, et d'ailleurs sans doute parfois difficilement accessible (ma nièce ne m'a pas caché qu'elle avait abandonné sa lecture, ayant été perdue par les différentes temporalités du récit).
Je le conseille donc à qui a besoin de s'évader intelligemment.

Vango
T1 : Entre ciel et terre
Timothée de Fombelle
Gallimard Jeunesse

jeudi, mai 26 2022

Le fil du destin

J'ai lu le premier tome du Clan des Otori (ou plutôt je l'ai écouté) il y a (très) longtemps et, si j'en ai gardé une opinion assez bonne, j'avoue que j'en ai peu de souvenirs (un seigneur Otori énigmatique ? une vague tribu aux aptitudes surnaturelles ? un amour fou ?).
Du coup, ce fut avec un œil presque neuf que j'ai découvert ce roman qui m'a été conseillé par EuZèbe dans le cadre de mon défi 12 mois 12 livres 12 (masto)potes. Je me disais cependant souvent : "Tiens, je suis sûre d'avoir un vague souvenir de ce personnage, ou de cette scène." En effet, ce roman est à la fois le dernier du cycle et une préquelle à l'histoire principale.

Le Clan des Otori est une grande saga, formée de 5 tomes, se situant dans un japon fantastique aux allures médiévales, narrant des histoires de dynasties, de conquêtes, de vengeances, d'amours... Des hommes et des femmes, surtout, qui sont les voix de ces chroniques.
Revenant à la source du récit, Le fil du destin narre l'histoire de Shigeru Otori, de son enfance à sa vie d'adulte, héritier d'un clan fragilisé, soumis aux guerres intestines de sa famille, aux ambitions de conquêtes du clan voisin et à des passions amoureuses déchirantes.

Si ce roman s'éloigne de ce que je lis habituellement, c'est sans déplaisir que je me suis pris au jeu de cette épopée aux relents de roman initiatique (encore heureux car ce pavé fait tout de même 600 pages). Le souffle épique est incontestable, les rebondissements nombreux, les personnages profonds et contrastés. J'ai été frappée par la maturité avec laquelle certains sujets étaient abordés. Des sujets durs, abordés frontalement, sans complaisances mais sans faux-semblant.

Le tout forme une fresque d'une indéniable qualité, portée par une écriture aussi précise dans ses descriptions que dans ses divagations. Un roman riche, qui prend le temps d'approfondir les thèmes qu'il aborde. Une histoire assurément triste, également.

Je ne sais pas, pour être honnête, si je garderai vraiment en mémoire cette histoire complexe, je ne pense pas m'être sentie suffisamment impliquée pour cela, mais je garderai sans doute le souvenir de très bons instants de lecture.

Le clan des Otori, T5
Le fil du destin
Lian Hearn
Traduit par Philippe Giraudon
Gallimard Jeunesse

Haut de page