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jeudi, septembre 24 2020

L'affaire sensible de Dupont Lajoie

L'émission Affaires Sensibles de France Inter, c'est avant tout la voix mémorable de Fabrice Drouelle. Des plus reconnaissable, parfois parodiée, elle fait selon moi beaucoup le succès du programme.
Affaires Sensibles, c'est cependant aussi une émission au contenu pertinent, passionnante et aussi bien documentée que réalisée.

L'épisode dont je parle dans ce billet (et que tu peux retrouver ici) a en outre l'avantage d'évoquer un film qui fut l'un de mes plus gros chocs de spectatrice : Dupont Lajoie.

J'ai vu Dupont Lajoie à la faveur d'une diffusion télévisée lorsque j'étais jeune. Je ne suis pas de celle qui cherche à protéger les enfants de tout contenu choquant, et mes parents ne devaient pas en être non plus car je ne pense pas que j'avais plus de 11 ou 12 ans.
Choquant, le film l'est pourtant, surtout à cet âge. C'en était même le principal but selon son réalisateur Yves Boisset, ou tout du moins, de susciter le débat.
Parfaite mise en scène du racisme ordinaire touchant l'archétype du "français moyen", il en dénonce les dérives grâce à un scénario brutal, quelques scènes que je trouve encore très dures à regarder, un cynisme fou... A cela s'ajoute un casting impeccable, avec en tête un Jean Carmet magistral dans son rôle de salop. Il m'avait terrorisée à l'époque, et reste encore aujourd'hui l'un de mes acteurs préférés.
Dupont Lajoie fait partie de mes grands souvenirs de cinéma français et j'en recommande énormément le visionnage.

L'émission de Fabrice Drouelle permet quand à elle de revenir sur le tournage mouvementé du film, dont j'ignorais tout. Le scénario s'inspirant de faits divers commis dans le sud de la France quelques temps auparavant, le sujet encore brûlant entraine des annulations d'autorisations de tournage, des dégradations, des incivilités envers les acteurs magrébins culminant avec l'agression de l'acteur Abderrhamane Benkloua qui sera contraint d'abandonner le tournage, tandis que les forces de l'ordre dissuadent l'équipe du film de porter plainte.
Le récit est absolument passionnant. C'est une vraie carte postale de l'ambiance électrique qu'il y avait en France après le premier choc pétrolier, on en apprend beaucoup.
Le documentaire est suivi par un entretien avec l'historien et enseignant Julien Gaertner, qui nous éclaire sur la figure du comédien magrébin dans le cinéma français.
Je n'ai vraiment pas senti passer cette heure d'écoute, il s'agit selon moi d'un épisode à ne pas manquer !

Dupont Lajoie
Yves Boisset
1975








Affaires sensibles
Fabrice Drouelle
France Inter

lundi, août 17 2020

Surprise nocturne

J'ai vu cette nuit le film Making oFF, de Cedric Dupuis, présent sur la plateforme Shadowz.

Il s'agit d'une comédie horrifique française, très gore, au budget minimaliste. Les premières minutes m'ont fait craindre une catastrophe, mais elle s'est avérée au final une bonne surprise : à la fois drôle et dérangeant.

Par contre attention c'est extrêmement EXTRÊMEMENT cradingue. Ai-je eu des hauts le cœur pendant une certaine scène ? C'est possible... (ceux qui connaissent mes limites pourront en deviner la nature).

Cependant, même avec de telles extrémités et des comédiens encore en devenir pour la plupart, le film ne tombe pas dans la lourdeur. Il y a des choses intéressantes. Ce n'est pas aussi gratuit qu'on voudrait bien le croire et la satyre est belle et bien présente.

La félicité

Il m'est arrivé une très jolie histoire aujourd'hui... Je suis allée voir le film de Bruno Merle Felicità. C'est un film amer mais lumineux, bouleversant dans son histoire autant que par l'immense talent de ses comédiens.

J'en suis sortie sans doute si émue et joyeuse que sur le parvis du cinéma, une dame m'a abordée pour me dire que mon sourire lui faisait vraiment plaisir à voir. Elle s'est retrouvée fort émue elle-même quand les larmes que j'aie retenues dans la salle se sont mises à couler et nous avons passé quelques minutes à nous réconforter maladroitement quand je lui ai expliqué les raisons de mon état. Elle m'a dit qu'elle qui n'allait plus au cinéma avait à présent très envie d'aller voir le film.

Bref, regardez Felicità, et j'espère que vous passerez un aussi bon moment que moi.

Et si vous croisez Nadine, que ce virus m'a empêchée d'étreindre, souriez-lui.

J'espère qu'elle l'aimera.

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