mercredi, mars 23 2022

Murder Party

Je suis allée voir Murder Party, le long-métrage de Nicolas Pleskof, après avoir tellement apprécié son court-métrage Zoo (j'en ai parlé ici).

Une jeune architecte (étonnante Alice Pol) se rend dans le manoir de la très particulière famille Daguerre afin d'y présenter son projet de réhabilitation du lieu au patriarche (Eddy Mitchell, qu'il est toujours plaisant de retrouver). Débarquant en pleine murder party, elle est entraînée dans un drôle de jeu de piste quand ce dernier est retrouvé mort...

Murder Party est un film au rythme soutenu et à l'humour prégnant. Je l'ai trouvé certes, encore maladroit sur certains aspects mais tellement original sur d'autres : du ton léger au scénario à tiroirs, du parti pris esthétique (radical) au casting (formidable, même si les seconds rôles éclipsent malheureusement un peu les premiers). Son ton et sa couleur sont tout à fait en harmonie avec une intrigue rocambolesque, le scénario ayant été coécrit avec la romancière Elsa Marpeau

Il est atypique et distrayant, et même si j'aurais aimé un peu plus de profondeur, m'a donné envie de continuer à suivre les aventures de ce réalisateur.

Murder Party
Nicolas Pleskof
2022

mercredi, février 23 2022

Quarantaines


Quarantaines est film composé d'une série de 10 courts-métrages, chacun issu d'un réalisateur différent, tous réalisés durant le tout premier confinement de 2020 sous l'impulsion du cinéaste Rock Brenner, également programmateur de la plateforme Outbuster, sur laquelle on peut le trouver en streaming.
Rassemblant des créateurs français, mais également italiens, taïwanais ou américains, Quarantaine est un kaléidoscope d'idées qui vont de segments assez classiques aux plus expérimentaux, en explorant par exemple l'animation ou le clip musical.
Le tout est très heureusement combiné par un fil rouge hypnotisant, quand les courts-métrages se répondent sur certains thèmes, certes attendus, comme la solitude ou l'enfermement.

Il n'est pas étonnant que, sur 10 créations différentes, certaines m'aient moins parlé que d'autres mais...

J'ai été conquise par le segment No exit de Julia Patey, et son patchwork halluciné.

J'ai ri face au segment Torture Cam, de Rock Brenner, une farce cruellement drôle et au final très malaisante.

J'ai été emportée par le segment Memory of a solo diary, de Brunno Raciti, aussi onirique que fascinant.

J'ai avant tout vraiment eu un coup de cœur pour le segment Lumen, de Gauthier Humbert, le film d'animation sur prise de vues réelles dont l'image illustre ce billet. En évoquant des thèmes sombres (l'incarcération, l’aliénation) Lumen réussit à être le segment le plus radieux du film, porté par l'univers sonore et la musique signées Guillaume Zenses qui fait ici un remarquable travail d'immersion. D'ailleurs, si vous voulez en savoir un peu plus sur ce court-métrage, vous pouvez retrouver les coulisses de sa création ici. J'ai pour ma part été emportée par tant de poésie...


Quarantaines
Collectif
2021

jeudi, septembre 24 2020

L'affaire sensible de Dupont Lajoie

L'émission Affaires Sensibles de France Inter, c'est avant tout la voix mémorable de Fabrice Drouelle. Des plus reconnaissable, parfois parodiée, elle fait selon moi beaucoup le succès du programme.
Affaires Sensibles, c'est cependant aussi une émission au contenu pertinent, passionnante et aussi bien documentée que réalisée.

L'épisode dont je parle dans ce billet (et que tu peux retrouver ici) a en outre l'avantage d'évoquer un film qui fut l'un de mes plus gros chocs de spectatrice : Dupont Lajoie.

J'ai vu Dupont Lajoie à la faveur d'une diffusion télévisée lorsque j'étais jeune. Je ne suis pas de celle qui cherche à protéger les enfants de tout contenu choquant, et mes parents ne devaient pas en être non plus car je ne pense pas que j'avais plus de 11 ou 12 ans.
Choquant, le film l'est pourtant, surtout à cet âge. C'en était même le principal but selon son réalisateur Yves Boisset, ou tout du moins, de susciter le débat.
Parfaite mise en scène du racisme ordinaire touchant l'archétype du "français moyen", il en dénonce les dérives grâce à un scénario brutal, quelques scènes que je trouve encore très dures à regarder, un cynisme fou... A cela s'ajoute un casting impeccable, avec en tête un Jean Carmet magistral dans son rôle de salop. Il m'avait terrorisée à l'époque, et reste encore aujourd'hui l'un de mes acteurs préférés.
Dupont Lajoie fait partie de mes grands souvenirs de cinéma français et j'en recommande énormément le visionnage.

L'émission de Fabrice Drouelle permet quand à elle de revenir sur le tournage mouvementé du film, dont j'ignorais tout. Le scénario s'inspirant de faits divers commis dans le sud de la France quelques temps auparavant, le sujet encore brûlant entraine des annulations d'autorisations de tournage, des dégradations, des incivilités envers les acteurs magrébins culminant avec l'agression de l'acteur Abderrhamane Benkloua qui sera contraint d'abandonner le tournage, tandis que les forces de l'ordre dissuadent l'équipe du film de porter plainte.
Le récit est absolument passionnant. C'est une vraie carte postale de l'ambiance électrique qu'il y avait en France après le premier choc pétrolier, on en apprend beaucoup.
Le documentaire est suivi par un entretien avec l'historien et enseignant Julien Gaertner, qui nous éclaire sur la figure du comédien magrébin dans le cinéma français.
Je n'ai vraiment pas senti passer cette heure d'écoute, il s'agit selon moi d'un épisode à ne pas manquer !

Dupont Lajoie
Yves Boisset
1975








Affaires sensibles
Fabrice Drouelle
France Inter

lundi, août 17 2020

Surprise nocturne

J'ai vu cette nuit le film Making oFF, de Cedric Dupuis, présent sur la plateforme Shadowz.

Il s'agit d'une comédie horrifique française, très gore, au budget minimaliste. Les premières minutes m'ont fait craindre une catastrophe, mais elle s'est avérée au final une bonne surprise : à la fois drôle et dérangeant.

Par contre attention c'est extrêmement EXTRÊMEMENT cradingue. Ai-je eu des hauts le cœur pendant une certaine scène ? C'est possible... (ceux qui connaissent mes limites pourront en deviner la nature).

Cependant, même avec de telles extrémités et des comédiens encore en devenir pour la plupart, le film ne tombe pas dans la lourdeur. Il y a des choses intéressantes. Ce n'est pas aussi gratuit qu'on voudrait bien le croire et la satyre est belle et bien présente.

La félicité

Il m'est arrivé une très jolie histoire aujourd'hui... Je suis allée voir le film de Bruno Merle Felicità. C'est un film amer mais lumineux, bouleversant dans son histoire autant que par l'immense talent de ses comédiens.

J'en suis sortie sans doute si émue et joyeuse que sur le parvis du cinéma, une dame m'a abordée pour me dire que mon sourire lui faisait vraiment plaisir à voir. Elle s'est retrouvée fort émue elle-même quand les larmes que j'aie retenues dans la salle se sont mises à couler et nous avons passé quelques minutes à nous réconforter maladroitement quand je lui ai expliqué les raisons de mon état. Elle m'a dit qu'elle qui n'allait plus au cinéma avait à présent très envie d'aller voir le film.

Bref, regardez Felicità, et j'espère que vous passerez un aussi bon moment que moi.

Et si vous croisez Nadine, que ce virus m'a empêchée d'étreindre, souriez-lui.

J'espère qu'elle l'aimera.

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