Last and First Men

Rarement une œuvre m'a fait autant d'effet.
Rarement suis-je restée hypnotisée devant l'écran de la première à la dernière seconde d'un film.
Rarement ai-je été émue à ce point, la gorge nouée, les larmes latentes, devant des images.

J'ai regardé Last and First Men, le film posthume du réalisateur islandais Jóhann Jóhannsson, complètement par hasard, intriguée par sa présentation sur arte.tv.
Alors qu'ils savent l'humanité condamnée, les derniers hommes envoient un message aux hommes du présent. Le tout nous est présenté sous la forme d'un monologue récité par l'extraordinaire Tilda Swinton, sur des images hypnotiques.

Je ne pensais pas trouver un jour un créateur dont l'idéal esthétique serait à ce point identique au mien. L'essentiel des images du film consiste en effet en des plans statiques ou de lentes prises de vue de structures monumentales, filmées en noir et blanc. Les structures en question sont issues de monuments aux morts des anciennes républiques yougoslaves. Des volumes abstraits, de l'ancienne modernité, du délabré. Le tout mis en valeur par des images contrastées, des plans millimétrés, la lumière changeante de l'aube au crépuscule.
Happée par la beauté surréaliste de ces images, je le fus aussi par ce monologue bouleversant, inspiré par le livre du même nom signé Olaf Stapledon. Ce dernier témoignage d'une humanité sur le point de s'éteindre, portant la sagesse de milliards d'années d'expérience. La voix absolument divine de Tilda Swinton creuse un peu plus l'aspect hypnotique du film.
Enfin, tout ça ne serait rien, ou plutôt ne serait pas aussi puissant, sans la musique qui l'accompagne. Création de Jóhann Jóhannsson, également compositeur, elle permet tout simplement d'atteindre l'équilibre parfait entre les images et le son. Majestueuse dans sa lenteur, bouleversante dans ses intentions, elle laisse également la part belle aux silences, qui n'en deviennent que plus assourdissants.

Je ne m'étais jamais imaginé trouver un jour qu'une œuvre quelle qu'elle soit, soit à ce point parfaite en tout point.
C'est évidemment subjectif, c'est incontestablement personnel, l’âpreté, le minimalisme, ne parlera sans doute pas à beaucoup.

Plus important encore, plus parlant, plus étonnant pour moi, je n'aurais jamais cru un jour me dire que si jamais j'avais eu assez de talent pour créer quelque chose, j'aurais voulu que cela ressemble à ça. J'aurais aimé imaginer des plans aussi esthétiques que ceux-là, j'aurais aimé tirer d'un livre un monologue aussi saisissant que celui-ci, j'aurais aimé savoir manier les notes pour envelopper le tout avec autant de force que Jóhann Jóhannsson l'a fait.
Cela en dit beaucoup sur moi. Si vous souhaitez mieux me connaître, regardez Last and First Men.

Last and First Men
Jóhann Jóhannsson
2020

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