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mercredi, novembre 9 2022

Retour sur les Utopiales 2022


Depuis le temps que je voulais le faire, j'ai enfin trouvé le temps, cette année, d'aller visiter le festival des Utopiales, festival international de science-fiction qui a eu lieu à Nantes pour la 22ème année. Le comble tout de même, pour une Nantaise d'origine, d'avoir mis tant de temps à se décider. J'étais sans doute impressionnée par l'ampleur du bousin, à raison, tant il est riche de contenu.
Sans grande surprise, j'ai rapidement été déstabilisée par la quantité de monde et les contraintes d'organisation mais heureusement surprise par la très bonne ambiance, et l'atmosphère d'ébullition que j'ai ressentie tout au long des 4 jours de festival.
Je ne vais pas revenir sur l'entièreté de mon parcours, c'est un peu long et sans grand intérêt mais mettre en avant ce qui m'a le plus séduit. Sachez cependant que, si j'y allais essentiellement pour les auteurs, livres et bandes dessinées, ce sont d'autres types de contenus qui m'ont le plus épatée.

Marc-Antoine Mathieu


Si j'avais déjà gouté au travail de ce graphiste, c'est vraiment grâce au festival que j'ai pu découvrir l'entièreté de son talent. Il a en effet particulièrement été mis en avant puisqu'il signe l'affiche du festival (que je trouve splendide), et qu'une exposition épatante lui a été consacrée. J'ai adoré plonger dans son univers tortueux, me perdre dans ses labyrinthes absurdes dans lesquels on est confronté au manque de sens et à l'ineptie de la vie. J'ai de plus eu l'occasion de l'écouter lors d'une table ronde de grande qualité ayant pour sujet Kafka (avec les également très brillants Xavier Mauméjan et Christophe Siébert (lisez ses livres !)) et j'ai beaucoup apprécié la pertinence de ses propos et l'intelligence de ses réflexions.


Le ciné-expérience Cell Worlds


Incroyable évènement qui a eu lieu le samedi après-midi et qui a mobilisé une foule de curieux. La fil d'attente s'est étirée bien avant l'heure et j'ai eu l'impression que l'organisation semblait un peu débordée par le succès. Très bonne ambiance cependant et j'ai vraiment été ravie de voir une salle pleine à craquer pour découvrir le court-métrage dont je vous ai parlé il n'y a pas si longtemps. En plus de l'expérience de projection pendant laquelle les commentaires étaient dits en direct, nous avons pu assister à un échange avec des chercheurs et à un concert de Youenn Lerb, qui signe la bande originale. Coup de cœur pour cet artiste aussi talentueux que généreux, découvrir des chansons et images inédites fut l'apothéose de cette session !

Les courts-métrages


Mon seul regret du festival est de n'avoir assisté qu'à deux des sessions de courts-métrages sur les 4 qu'il a compté (d'autant plus que je n'ai pas vu le court-métrage qui a raflé tous les prix !) tant la sélection que j'ai vue m'a plu. C'était qualitatif et éclectique, mélangeant des petites productions à des projets plus ambitieux, balayant beaucoup d'univers différents, allant de la science-fiction pure et dure au fantastique en passant par la fantasy, l'horreur, l'humour... et pour beaucoup une première diffusion en France. Parmi ceux qui m'ont particulièrement marquée :

  • Apotheosis, de Max Pierce, une histoire ingénieuse de course à la performance mettant en opposition humains naturels et génétiquement modifiés.
  • While Mortals Sleep, de Alex Fofonoff, une fable horrifique dérangeante et absurde, qui commence comme un thriller pour basculer vers quelque chose de beaucoup plus perturbant !
  • Jeff, de Walter Woodman, qui parvient à nous faire entrer en empathie avec un drone de livraison sur fond de désespérance.
  • Fieldtrip, de Paul Arion & Soren Bendt Aaboe Pedersen, une excellente histoire qui réussit brillamment à condenser la lutte d'un homme contre les machines et ceux qui les emploient.
  • La machine d'Alex, de Mael le Mée, mon grand coup de cœur, parce qu'il est drôle et barré, et qu'il mêle érotisme et body horror... Seul court-métrage français que j'ai vu (les autres étaient dans les autres sessions, zut !), j'ai aimé son sujet farfelu et la façon dont il est traité, les jeunes acteurs, certes en devenir, étant particulièrement attachants.


Viking


Seul long-métrage de la compétition que nous sommes allés voir (je pense que nous avons bien choisi car il a remporté le prix du jury), Viking, du canadien Stéphane Lafleur raconte le projet loufoque d'une équipe de recherche comportementale. Alors que la première mission habitée débute sur Mars, elle est reproduite sur Terre avec autant de personnes censées être les "jumeaux émotionnels" des astronautes, afin de prévenir les éventuels problèmes que la promiscuité pourrait déclencher là-haut.
Porté par des acteurs absolument excellents (Steve Laplante en tête), c'est un petit bijou de finesse et d'humour décalé, qui appuie tout en subtilité sur de véritables considérations comme le décalage entre les rêves et leur réalité (magnifiquement illustré par la différence de moyens entre les deux missions) ou les conséquences réelles de la poursuite d'un but fantasmé.
Nous avons beaucoup, beaucoup ri tout en réfléchissant sérieusement, dans un équilibre parfait !


C'en est donc fini pour cette année, et cela m'a clairement donné envie de remettre ça l'année prochaine, si les circonstances le permettent. Vous pouvez retrouver toutes les informations autour du festival sur leur site.

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